Yann Perreau

Québec, Octobre 2012

Membre(s) du groupe
Yann Perreau — piano, voix

Épisode tourné: 18 octobre 2012
Lieu: Pantoum/Le Phoque

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Résumé de l’épisode

Il y a de ces moments qui nous laissent sans voix. Des moments où seuls les regards savent parler, et où les sourires s’impriment sur nos lèvres et se gravent dans notre cœur. Jeudi soir, chez Pantoum / Le Phoque, nous avons tous vécu cette expérience. Déjà, en entrant, un capharnaüm d’instruments qui attendent simplement de pousser la note nous accueille. À la fois salle de spectacle, studio d’enregistrement, local de répétition et appartement, cet endroit représente le rêve de tous musiciens, un lieu où les mélodies s’infiltrent par chacune des lattes de plancher.

Derrière la porte de grange, les gars du A4 s’activent. Moi, cachée par les tam-tams, j’observe et écoute leur silence concentré, alors qu’ils explorent chaque angle, coordonnent chaque mouvement, analysent chaque rai de lumière. On peut alors se rendre compte à quel point chaque petit détail compte, aussi insignifiant semble-il. Devraient-ils choisir la chaise verte ou la brune ?

Partie 2 — “Qu’avez-vous fait de mon pays”

Impressionné par l’endroit et jaloux de ce que les loyers de Québec ont à offrir, c’est un Yann Perreau visiblement dans son élément qui fait son entrée. On sent bien l’inspiration qui dévale le long des tuyaux de cuivre alors qu’il s’assied au piano pour nous offrir une performance d’une douceur qui ne nécessite aucun autre qualificatif. Dès les premières notes, le temps se suspend et l’espace s’emplit d’une brume ouatée. Tout concorde à nous plonger dans une bulle, comme en font foi Max et Élise qui m’offrent, sans le savoir, un instantané de leur amour. Lovés l’un contre l’autre au fond de la cuisine, ils sont seuls, tous deux emportés par le texte amoureux de Péloquin et flottant sur la voix aérienne de Perreau: “Le bonheur est à côté, pas de l’autre côté”. Les mots doux qu’ils se chuchotent, leurs sourires qui se touchent sans même s’embrasser me confirment que le bonheur est effectivement bien installé à leur côté.

Ensuite dans un a capella bien senti, Yann Perreau nous a livré “Qu’avez-vous fait de mon pays” Assise en indien derrière le piano, je sens résonner dans la voix de ce dernier la marche de tous les poètes qui ont chanté notre terre. Ils sont là et ils le suivent. La force de ce texte rebondit en écho sur les murs et me fait frissonner. Puis, le silence s’installe chargé d’émotion. Il n’y a rien à dire et tout à ressentir. En voyant les gars qui m’entourent avec leurs yeux brillants d’enfants de cinq ans développant leurs cadeaux de Noël, je comprends bien vite que je ne suis pas la seule à ne pas avoir de mot pour décrire ce moment magique.

— Noémie Lévesque

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