Modern Primitive

Québec, Août 2012

Membre(s) du groupe
Joey Proteau — voix, guitare
Jean-Daniel Lajoie — guitare
Samuel Bédard — basse
Charles Allard-Poulin — batterie

Épisode tourné le: 04 août 2012
Lieu: Pantoum/Le Phoque

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Pantoum/Le Phoque





Résumé de l’épisode

Août 2012.

Samedi soir, debout devant la taverne Joe Dion. On attend 19h tapant pour monter chez Pantoum/Le Phoque, deux étages plus haut, afin de rencontrer Modern Primitive. La chaleur, persistante, dure depuis un mois. L’été le plus chaud depuis 1947, selon certains sites météo…

Alors qu’on s’engouffre dans le premier corridor de l’immeuble, les bras chargés de matos, une fausse joie nous traverse le cœur en apercevant un ascenseur à 5 mètres de nous. La porte est ouverte et bloquée par un vieux tapis. De toute évidence, l’ascenseur est brisé… Tant pis, nous monterons à pied. Arrivée dans le dernier escalier, l’obscurité totale ralentit nos pas. La porte ouverte de Pantoum laisse s’évader le son des guitares qui s’amplifient. On a déjà entendu pire comme guides. Nous sommes au bon endroit!

Pantoum/Le Phoque. WTF? Pour clarifier les choses, Pantoum, c’est le nouveau petit miracle de la scène underground de Québec. C’est à la fois un studio d’enregistrement, une salle de spectacle et un lieu de création, situé dans un immense loft, downtown Québec. C’est l’initiative d’une nouvelle génération de créateurs qui en ont marre de s’exiler à Montréal pour qu’il se passe quelque chose. Leur solution : faire en sorte qu’il se passe quelque chose ici, à Québec. Merci Pantoum!

Donc, nous sommes là, chez Pantoum. La chaleur s’est amplifiée, encore. On entre tranquillement. Modern Primitive est en train de pratiquer un peu avant de se faire immortaliser sur bande vidéo… Mis à part l’équipement du groupe, la grande pièce angulaire où nous sommes n’est meublée que d’un divan, d’une table de cuisine et d’un stage. Les fenêtres sont fermées, question de ne pas emmerder les voisins avec le son. Tout pour ajouter à mon calvaire caniculaire… Mais bientôt, j’oublierai ma souffrance.

Rapidement, le tableau devient surréel. Inspirant. On dirait un voyage dans le temps à bord d’une machine dysfonctionnelle. J’ai l’impression d’entrer à la Silver Factory de Warhol, revampée à la sauce des années 2000, balafrée des décennies passées. Le fond musical est nettement 90, un truc alterno grunge, doté d’un clin d’œil discret à la britpop de Radiohead et à une folk obscure rappelant les débuts de Giant Sand. Du coup, ce n’est plus du tout désagréable. La chaleur se fera oublier pour les deux heures suivantes.

Partie 2 — “Teleport Me”

Le but de notre visite était de faire un tournage avec Modern Primitive, dont le nom s’était souvent heurté à mon oreille au cours des derniers mois. Je me rappelais aussi avoir eu un coup de foudre profond pour un de leur t-shirt, porté par un ami, sur lequel on pouvait voir la photo noir et blanc d’une femme trop maquillée, traits vulgaires, en petite tenue, parasol sur la tête, perdue dans l’herbe sèche. Je ne sais pourquoi, ça m’a tout de suite parlé. Ça m’a rappelé certains covers des Cramps avec la turbo rouquine Poison Ivy ou cette pochette arrogante de Sonic Youth pour l’album Evol, avec l’actrice expérimentale Lung Leg. Bref, leur visuel me plaisait!

Sûrement en lien avec cette image, je m’attendais à entendre un band très noisy et agressif. Surprise déstabilisante : on avait droit à mieux! Un unplugged, un peu pluggé mais pas trop, avec Modern Primitive, qui par moments me ramenait à mes racines psyché passionnelles. Un son doux, cachant une énergie obscure, troublée.

Une fois les quatre mecs installés, tests de son et de luminosité passés, on a attaqué le tournage! Set-up nickel. Limite féérique… Placés devant deux grandes fenêtres toujours fermées, entre lesquelles on envoie des projections lumineuses me rapportant une fois plus à la Factory, quelques guirlandes de globes blancs tapissent les murs simplement, envahissent le sol et s’agrippent aux pieds de micro, créant un halo lumineux. La magie opère. La caméra tourne. Je troquerai rapidement mon rôle de critique pour celui de spectatrice fascinée…

— Tania B. Lacasse

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