The Experimental Tropic Blues Band

Québec, Février 2012

Membre(s) du groupe
Boogie Snake — voix, harmonica
Dirty Coq — voix, guitare
Devil d’Inferno — Drums

Épisode tourné le: 16 Février 2012
Lieu: Meubles Génina, St-Roch

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Résumé de l’épisode

Février 2012
Le smog léger de l’après-midi s’était transformé en brouillard très dense, nous empêchant de voir à quelques mètres devant nous. L’air était épais et sucré. L’éclairage tamisé des réverbères dans cette ouate spongieuse donnait à cette soirée des allures de film d’épouvante. La nuit était bel et bien tombée sur St-Roch.

Tandis qu’à tâtons j’avançais sur la St-Joseph, je me laissai guider par un phare de secours temporaire, une affiche lumineuse orangée, celle des Meubles Génina, qui semble trôner sur cette rue depuis toujours. J’avais rendez-vous avec le collectif dans ce vieux bazar bon marché pour le deuxième enregistrement de la journée.

À chaque fois que j’y mets les pieds, c’est la même chose : une fois la porte passé, je suis fébrile comme un enfant qui entre pour la première fois par la petite porte du Benjo! Au premier coup d’œil, j’aperçois une vieille chaise de barbier, puis un saint Joseph géant portant un chapeau de cow-boy, une collection de cartons d’allumettes rétro, de l’argenterie ternie soigneusement posée sur un vaisselier de réplique victorienne décoré de fourrures de petits animaux non identifiés… À perte de vue, sur trois étages, c’est la même histoire : un véritable trésor qui sent bon la poussière.

À peine remise de mon excitation d’arrivée, je me rappelai que nous étions là pour un tournage avec The Experimental Tropic Blues Band. Qui ça?! Jamais entendu parler… Un trio belge portant les noms respectifs de Dirty Coq, Boogie Snake et Devil D’Inferno.

À 20h, le trio infernal est là et prêt à déballer la musique. Nous, pas encore prêts à la recevoir… Le temps nous presse, car exceptionnellement ce soir-là, le magasin fermera à 20h30 au lieu de 21h. Il nous faudra faire vite! En attendant que la camera ne s’allume, les trois garçons dépareillés, installés devant la vitrine, observent le bordel dans lequel ils se trouvent et semblent s’en amuser. Coup de cœur général pour les petites peaux d’animaux de provenance non identifiée!

Les instruments commencent à se faire entendre, le collectif est prêt. La caméra est à l’extérieur, de l’autre côté de la rue, en direction de la grande vitrine du magasin. Après avoir laissé passer quelques voitures qui nous bloquaient la vue, on lance le coup avec Do it to me. La magie opère instantanément. Un son sauvage et bluesy, une énergie brute et une simplicité déconcertante.

La voix de Boogie Snake, même s’il n’a pas le coffre d’un Howling Wolf, sonne juste et a un je-ne-sais-quoi de très accrocheur qui me fait oublier que j’ai devant moi un blondinet filiforme, rappelant vaguement Johnny Lang ou les jeunes frères Hanson. Simplement munis d’un harmonica, de la guitare de Dirty Coq et d’un œuf servant de percussion à Devil D’Inferno, ces rejetons de Jon Spencer nous décapent savamment les oreilles. Bravo!

Au moment d’aborder la deuxième pièce, le collectif revient à l’intérieur avec la caméra pour filmer en sens inverse, de l’intérieur vers la rue. 3, 2, 1… Break up! La pièce, flirtant par moments avec le punk, met cette fois-ci en valeur la voix bestiale de Dirty Wolf, que l’on n’avait pas eu l’occasion d’entendre dans la première pièce, très présente pour les back vocals. Les deux voix se répondent dans une dispute amoureuse très teenager et nous donnent une envie incoercible de taper du pied. À ce moment-là, la scène me sembla irréelle, comme un court moment parfait dans une vie, pendant lequel je pouvais entendre ce blues abrasif dans cette brocante que j’affectionne tellement. La perfection étant éphémère, 20h30 s’annonça rapidement. Aussitôt la prise terminée, tout le monde évacua rapidement le vieux magasin pour mieux se retrouver plus tard sur la scène du Cercle, où la magie opéra à nouveau….

— Tania B. Lacasse

En images
Partie 2 — “Break Up”