Lisa Leblanc

Québec, Avril 2012

Membre(s) du groupe
Lisa Leblanc — voix, guitare

Épisode tourné le: 24 Avril 2012
Lieu: Galerie Morgan Bridge

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COMPLET les 24 et 25 Mai au Théâtre Petit Champlain à Québec, surveillez les dates de concert cet été!





Résumé de l’épisode

Je prépare le souper en écoutant d’une oreille distraite tout le monde en parle. Je ne m’intéresse pas vraiment, je suis absorbée par la cuisson de ma bavette de bœuf. Et puis quelque chose me tire de mon fourneau. Une parole qui ressort de toutes les autres, comme une musique. Ça parle de seins, ça parle de bière, ça dit des mots de joual qui sonnent comme de la musique. Sans notes encore je l’aime déjà. Sa parole à tout ce qu’il faut pour être simple, et pourtant elle a tout ce qu’il faut pour être complètement belle. Avec une mitaine à four dans une main et mes pinces dans l’autre je dis, en absorbant l’écran: “Si jamais vous faites Lisa Leblanc, je veux écrire le texte”. C’est donc pour cette raison que je me retrouve à la Galerie Morgan Bridge sur la rue du pont. C’est un endroit intrigant, de ces lieux qui portent de l’étrange, comme une envie, comme une volonté d’être garant de quelque chose, d’accueillir et de faire vivre ce qu’on y mettra. Comme un vieux théâtre qui attend.

Elle arrive, on s’installe, on déploie le nécessaire à l’enregistrement; du filage et des choses compliqués que je ne comprends pas. J’attends donc, sans savoir rien de plus d’elle. Le feu vert est donné. Elle joue de la guitare vraiment bien –et quelle guitare-, pas que j’en doutais, juste que je n’étais vraiment pas au courant. Les paroles résonnent fort et sa voix un tantinet rauque devient pourtant d’une limpidité absolue lorsqu’elle monte dans les hautes. Wow. Je suis émerveillée par le joual-franglais qui joue dans sa bouche. Que j’en vois pas un qui dise que c’est scraper notre langue. Notre langue c’est pas quand on essais de parler comme Céline Galipeau. Notre langue c’est quand on s’enfarge dans les images et qu’on marie le français pis l’anglais. Notre langue c’est le message que ça dit; avec notre sens des choses à nous.

Elle jouera Kraft Dinner, une chanson d’amour. Une chanson du cœur. Une chanson qui vient de ce qu’on a de plus beau en nous et qu’on n’est pas toujours capable de donner. Parce qu’on se sent quétaine, qu’on manque souvent de courage pour mettre nos âmes entre les mains des autres. Et aussi… parce qu’on doute trop souvent de nous même, pour rien, par habitude. On a tous écris Kraft dinner, et c’est là toute la magie de la chanson. Elle vient de toute nous autres; quand on se sent riche d’être avec l’être qu’on choisi à tous les jours. Je chante kraft dinner cent mille fois par jour en silence à mon homme. Il y a des moments entre nous qu’on ne retient pas toujours et qui pourtant sont tellement vrais. Et le plus beau c’est que même si on ne sait pas trop comment les retenir, il nous suffit de se faire un bol de pâte et de rire la bouche pleine pour comprendre que tout ce qui nous sépare nous unit aussi.

Je n’ai pas appris grand chose sur Lisa Leblanc. Mais j’ai tout compris de mon amour pour lui…

— Élizabeth Dubois
Après Réjean

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